L'eau est rare, même en France !
Même après un hiver pluvieux qui avait rechargé les nappes, la plupart des régions ont subi cet été des restrictions, voire des interdictions d'usage. Ces épisodes rendent tangible une réalité longtemps sous-estimée : l'eau n'est pas une ressource abondante et acquise, mais une ressource rare et précieuse, qu'il faut traiter comme telle, et considérer sa valeur. Notre société s'est longtemps construite sur le mythe d'une eau inépuisable ; cela ne tient plus.
La Guadeloupe montre, de façon accélérée, ce que produit un sous-investissement prolongé dans les réseaux. Sur l'archipel, le taux de pertes dans les réseaux d’eau avoisine 60 à 70 % (Cour des comptes, 2025). Alors même que la ressource en eau y est abondante, les « tours d'eau » (distribution alternée par secteur) privent, plusieurs heures par jour, parfois plusieurs jours d'affilée, des dizaines de milliers d'habitants d'eau au robinet. C'est une situation intenable pour les habitants. Trop souvent, le mot « pénurie » masque en réalité un défaut d’investissement, d'entretien et de gestion.